Question d'Emeraude
Tentant bravement de changer de sujet quand la discorde tonnait sur ce blog, Emeraude a écrit :
Eh bien j'aimerais bien avoir l'approfondissement de la première partie de ce billet. L'approfondissement du "il doit bien y avoir autre chose".
Ici vous nous avez dit les livres que vous aimeriez écrire.
Je vous pose la question : pourquoi vous écrivez ? Comment ça vous est venu ? D'où vous viennent les idées ? Comment les exploitez-vous ? Et votre avenir alors ? Comptez-vous devenir écrivain, ou avez vous d'autres amibitions ?
Finalement j'ai des tonnes et des tonnes de questions à poser mais je crois que je vais en garder d'autres pour plus tard.
* Pourquoi vous écrivez ? Comment ça vous est venu ?
Je crois que je l'ai déjà dit : pour des problèmes de taille, poids, cordes vocales et manque de goût pour les drogues, je n'ai pas pu devenir chanteuse, mannequin ou rockstar. Je me suis donc consacrée à ce qui sied aux inadaptés de mon genre, à savoir le scribouillage.
Plus sérieusement : je n'ai jamais imaginé ma vie autrement. Sans doute y a-t-il un banal instinct reproducteur : j'ai toujours vu ma mère écrire, j'ai lu et gribouillé des mots très jeune, je me suis installée dans cette existence comme dans un bain d'encre, et j'ai toujours été convaincue que je ne pouvais, savais, voulais faire que ça. (L'instinct reproducteur n'explique pas tout : mon frère joue au foot, ma soeur dessine.) Il y a un côté égoïste dans l'écriture : emplir sa vie de mots, concrétiser les images qu'on a dans la tête, les rendre tangibles, ne pas rester seule dans le monde qu'on a créé.
Il y a un côté mégalomane : je sais bien que des milliers d'auteurs meurent dans l'indifférence, que l'humanité va disparaître, que le soleil va exploser, que je ne suis qu'une parmi des millions, mais un petit bout de moi espère avoir un jour une ligne dans un manuel d'histoire de la littérature.
Mais il y a surtout, sincèrement, je dis pas ça pour gagner un prix de bonne camaraderie, un côté altruiste : raconter des histoires, ceci est mon rôle en ce monde, je veux toucher, je veux faire sourire, je veux aller vers les autres avec mon stylo.
*D'où vous viennent les idées ? Comment les exploitez-vous ?
A 99%, de l'extérieur et des autres : je regarde mes proches vivre, je découvre des lieux nouveaux, je m'intéresse à ce qui m'entoure, et des images, des bribes m'envahissent. Mon travail, c'est de les synthétiser, transformer et structurer. Je suis un tube de dentifrice. Avec la pâte, je fais des rayures. (Peut-être vous attendiez-vous à mieux, Emeraude ? Vous espériez trouver un écrivain et voilà que je prétends être un tube de dentifrice. Pardon.)
A 1% : de moi-même. De mes cauchemars. Mes rêves sont de véritables séances de torture et ils m'inspirent souvent des nouvelles dégoulinantes.
*Et votre avenir alors ? Comptez-vous devenir écrivain, ou avez vous d'autres amibitions ?
Je dois écrire et partager mes écrits, je ne conçois pas ma vie autrement. Mais malheureusement, les gens qui restent toute la journée seuls avec eux-mêmes et leur feuille blanche ont une légère tendance à devenir fous, alcooliques ou suicidaires. J'ai parfois peur de devenir Sylvia Plath (elle s'est tuée la tête dans un four à l'âge de trente ans, incapable de mener de front sa vie créatrice et sa vie de femme et mère). Et puis, je crois que se dire tous les matins "si tu n'es pas inspirée aujourd'hui, tu ne pourras pas payer ton loyer l'an prochain" n'est pas la meilleure manière de produire des bouquins corrects. Je dois donc trouver un boulot. Mais tout le monde me déconseille de travailler dans : le professorat, le journalisme, l'édition. Question : qu'est-ce que vous voulez que je fasse ??
Si quelqu'un connaît un job qui permette de vivre sans angoisses financières permanentes et qui ne soit pas trop chronophage, faites moi signe. Thanks.
Bonne soirée à tous, profitez du dernier week-end d'été.
Merci pour vos visites, toujours plus nombreuses, et pour vos commentaires. En ouvrant ce blog, je désirais rencontrer mes lecteurs, trouver un écho, tisser des liens, je suis exaucée au delà de mes espérances.
Eh bien j'aimerais bien avoir l'approfondissement de la première partie de ce billet. L'approfondissement du "il doit bien y avoir autre chose".
Ici vous nous avez dit les livres que vous aimeriez écrire.
Je vous pose la question : pourquoi vous écrivez ? Comment ça vous est venu ? D'où vous viennent les idées ? Comment les exploitez-vous ? Et votre avenir alors ? Comptez-vous devenir écrivain, ou avez vous d'autres amibitions ?
Finalement j'ai des tonnes et des tonnes de questions à poser mais je crois que je vais en garder d'autres pour plus tard.
* Pourquoi vous écrivez ? Comment ça vous est venu ?
Je crois que je l'ai déjà dit : pour des problèmes de taille, poids, cordes vocales et manque de goût pour les drogues, je n'ai pas pu devenir chanteuse, mannequin ou rockstar. Je me suis donc consacrée à ce qui sied aux inadaptés de mon genre, à savoir le scribouillage.
Plus sérieusement : je n'ai jamais imaginé ma vie autrement. Sans doute y a-t-il un banal instinct reproducteur : j'ai toujours vu ma mère écrire, j'ai lu et gribouillé des mots très jeune, je me suis installée dans cette existence comme dans un bain d'encre, et j'ai toujours été convaincue que je ne pouvais, savais, voulais faire que ça. (L'instinct reproducteur n'explique pas tout : mon frère joue au foot, ma soeur dessine.) Il y a un côté égoïste dans l'écriture : emplir sa vie de mots, concrétiser les images qu'on a dans la tête, les rendre tangibles, ne pas rester seule dans le monde qu'on a créé.
Il y a un côté mégalomane : je sais bien que des milliers d'auteurs meurent dans l'indifférence, que l'humanité va disparaître, que le soleil va exploser, que je ne suis qu'une parmi des millions, mais un petit bout de moi espère avoir un jour une ligne dans un manuel d'histoire de la littérature.
Mais il y a surtout, sincèrement, je dis pas ça pour gagner un prix de bonne camaraderie, un côté altruiste : raconter des histoires, ceci est mon rôle en ce monde, je veux toucher, je veux faire sourire, je veux aller vers les autres avec mon stylo.
*D'où vous viennent les idées ? Comment les exploitez-vous ?
A 99%, de l'extérieur et des autres : je regarde mes proches vivre, je découvre des lieux nouveaux, je m'intéresse à ce qui m'entoure, et des images, des bribes m'envahissent. Mon travail, c'est de les synthétiser, transformer et structurer. Je suis un tube de dentifrice. Avec la pâte, je fais des rayures. (Peut-être vous attendiez-vous à mieux, Emeraude ? Vous espériez trouver un écrivain et voilà que je prétends être un tube de dentifrice. Pardon.)
A 1% : de moi-même. De mes cauchemars. Mes rêves sont de véritables séances de torture et ils m'inspirent souvent des nouvelles dégoulinantes.
*Et votre avenir alors ? Comptez-vous devenir écrivain, ou avez vous d'autres amibitions ?
Je dois écrire et partager mes écrits, je ne conçois pas ma vie autrement. Mais malheureusement, les gens qui restent toute la journée seuls avec eux-mêmes et leur feuille blanche ont une légère tendance à devenir fous, alcooliques ou suicidaires. J'ai parfois peur de devenir Sylvia Plath (elle s'est tuée la tête dans un four à l'âge de trente ans, incapable de mener de front sa vie créatrice et sa vie de femme et mère). Et puis, je crois que se dire tous les matins "si tu n'es pas inspirée aujourd'hui, tu ne pourras pas payer ton loyer l'an prochain" n'est pas la meilleure manière de produire des bouquins corrects. Je dois donc trouver un boulot. Mais tout le monde me déconseille de travailler dans : le professorat, le journalisme, l'édition. Question : qu'est-ce que vous voulez que je fasse ??
Si quelqu'un connaît un job qui permette de vivre sans angoisses financières permanentes et qui ne soit pas trop chronophage, faites moi signe. Thanks.
Bonne soirée à tous, profitez du dernier week-end d'été.
Merci pour vos visites, toujours plus nombreuses, et pour vos commentaires. En ouvrant ce blog, je désirais rencontrer mes lecteurs, trouver un écho, tisser des liens, je suis exaucée au delà de mes espérances.
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