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Non, je ne néglige pas mon blog, je suis juste embourbée dans un marais d'encre et de vélin, captive d'un Gaffiot, prise au piège par un Lagarde et Michard comme le plongeur d'un bénitier. En pélerinant vers la station de métro, je passe à côté du musée du Moyen-Âge, je rêve à ses bijoux et tapisseries ceinturées de murs multicentenaires, et je m'imagine novice au monastère (inutile de me préciser que je n'ai pas les attributs nécessaires à la fonction de moine, je suis au courant).... percluse de rhétorique, d'histoire et de mots aussi rares qu'inutiles, irrécupérablement mystique et solitaire.... seul le lecteur MP3 qui me défonce
avec bonheur les tympans à coups de Bowie et Lacrimosa fait tâche. J'envisage de le planquer sous une bure de jute brune, et de mener à bien mes voeux de frugalité (et chasteté, avec un habit pareil, forcément) éternelle. Donc, voici l'essentiel du message : pour sauver le latin, chers amis, faites preuve de charité et envoyez-moi de vieux sacs à patate en toile marronnasse. Si vous ne le faites pas pour moi,
faites le pour Cicéron.
Dans un siècle qui nous est plus familier, j'enregistre l'émission Chez FOG le 20 et celle de Laurent Ruquier le 27. (A vénérer les anciens, on en oublierait presque ma petite personne, c'est grave.) Vol de nuit est diffusé le 17. Je serai chroniqueuse à Ca balance à Paris le 4 octobre.
Je continue à noircir des cahiers de bribes, à défaut d'écrire le roman qui me hante (et que la prépa réprime). Je me réveille au milieu de la nuit avec le besoin de griffonner sur un post-it des choses aussi indispensables que "Grille-pain. E. à Berlin". Le lendemain matin, inutile de dire que je n'ai AUCUNE idée de ce que ça peut bien signifier. Je joue à cache-cache avec l'autre moi même à trois heures du mat, c'est génial.
Il y a autre chose dont j'ai bien plus envie de parler, mais je n'ose jamais aborder d'autres sujets que ma vie, mes scribouillages et mes coiffures à la télé, par peur d'être raillée quand je m'attaque à des choses plus graves. Mais tant pis pour les railleurs.
New York. Madrid. Londres. Glasgow. Maintenant, Dellys. Demain ou après-demain, Paris. C'est dur d'accepter le fait que des enfants, des travailleurs, des vieillards paisibles, des jeunes amoureux, des mères de famille, des gens comme vous et moi, sans caractères saillants, sans singularités, qui aspirent juste à rejoindre en métro leur patron ou leur fiancé, puissent finir carbonisés, éventrés par des bombes, rayés de la carte par le feu et la haine aveugle d'une poignée d'enragés. C'est facile de céder à la prudence, de ne plus sortir, de se terrer dans sa voiture et subir les embouteillages plutôt que de se risquer dans les transports en commun, de renoncer au week-end à Londres qu'on avait prévu... Mais ce que les fanatiques du détonateur nous envient et veulent détruire, c'est notre liberté.avec bonheur les tympans à coups de Bowie et Lacrimosa fait tâche. J'envisage de le planquer sous une bure de jute brune, et de mener à bien mes voeux de frugalité (et chasteté, avec un habit pareil, forcément) éternelle. Donc, voici l'essentiel du message : pour sauver le latin, chers amis, faites preuve de charité et envoyez-moi de vieux sacs à patate en toile marronnasse. Si vous ne le faites pas pour moi,
faites le pour Cicéron.
Dans un siècle qui nous est plus familier, j'enregistre l'émission Chez FOG le 20 et celle de Laurent Ruquier le 27. (A vénérer les anciens, on en oublierait presque ma petite personne, c'est grave.) Vol de nuit est diffusé le 17. Je serai chroniqueuse à Ca balance à Paris le 4 octobre.
Je continue à noircir des cahiers de bribes, à défaut d'écrire le roman qui me hante (et que la prépa réprime). Je me réveille au milieu de la nuit avec le besoin de griffonner sur un post-it des choses aussi indispensables que "Grille-pain. E. à Berlin". Le lendemain matin, inutile de dire que je n'ai AUCUNE idée de ce que ça peut bien signifier. Je joue à cache-cache avec l'autre moi même à trois heures du mat, c'est génial.
Il y a autre chose dont j'ai bien plus envie de parler, mais je n'ose jamais aborder d'autres sujets que ma vie, mes scribouillages et mes coiffures à la télé, par peur d'être raillée quand je m'attaque à des choses plus graves. Mais tant pis pour les railleurs.
Oui, je sais, c'est emphatique, c'est niais. Mais ce qui nous caractérise, nous Français, quelles que soient nos croyances, athées, chrétiens ou musulmans, nous Occidentaux, nous peuples de la laïcité et de la démocratie, c'est notre rejet des prédicateurs, des idéologies mortifères qui nous intimeraient de sacrifier notre bonheur et notre liberté terrestre au nom d'un ailleurs chimérique, des carcans, des entraves à notre
désir de mener notre vie comme bon nous semble. Bien sûr, notre monde est loin d'être parfait, mais soyons fiers et conscients de notre chance.
Nous sommes des peuples libres, et nous ne devons jamais laisser quoi que ce soit brimer nos aspirations - ni les dogmes, ni la peur.
Merci de me lire et bonne semaine à tous. Je reviens vendredi ou samedi.
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