Bonjour à tous,
Le 2 avril sort chez Lattès Cavalcades et dérobades, le dernier roman de Sylvie Brunel – écrivain, professeur et ma mère.
La quatrième de couverture :
« Rien n’est plus merveilleux qu’un cheval » affirme Laura, directrice d’école d’un petit village de la Drôme, si passionnée par les
crinières qu’elle en néglige son mari, Jean-Luc. Carmen, elle, engloutit son maigre salaire de femme de ménage dans l’entretien de ses chevaux et délaisse son fils Pablo qu’elle élève seule avec
un courage infini. Quant à Dan, le dresseur, celui qui possède le don inouï de rendre dociles les montures les plus rétives, celui que tout le monde admire et jalouse, il cache derrière son
apparent succès une blessure personnelle. Comme dans les tragédies antiques, le cheval peut être maléfique… Laura en fera la douloureuse expérience lorsqu’elle verra Jean-Luc déserter le domicile
conjugal.
Un roman à plusieurs voix, profondément humain, où s'entremêlent les destins d'hommes et de femmes apparemment forts, souvent solitaires, mais solidaires. Un vibrant hommage au cheval-ami qui
rend heureux ceux qui l'aiment.
D’habitude, dans cette rubrique, je présente mes livres à moi, je suis donc obligée d’être modeste et ne pas vous dire tout le bien que j’en pense. ;) Mais là, c’est la fête, je vais pouvoir me lâcher.
Cavalcades et dérobades est un hymne au cheval, à sa beauté, à sa puissance et au bonheur inouï qu’il
procure. Cavalcades et dérobades, c’est l’histoire de femmes et d’hommes dont la vie et les rêves sont peuplés de chevaux. Ce ne sont pas des cavaliers professionnels : ils ne
fréquentent pas les compétitions, ils ne font pas courir, sauter leurs chevaux, ils ne les présentent pas à des concours Modèles et allures. Ce n’est pas une histoire de ce genre. Non, ces
personnages sont des amoureux du cheval. Des cavaliers du dimanche, mais qui aiment passionnément leurs montures, qui seraient bien incapables de s’en sortir sur un parcours d’obstacles, mais
dont le quotidien tourne autour des chevaux. L’équitation n’est pas pour eux un simple hobby. Leurs chevaux sont plutôt leurs démons familiers : c’est sous leur regard qu’ils se lèvent,
vivent, tentent de changer leur vie, s’aiment, c’est autour d’eux que se nouent et se dénouent les amitiés.
Bien sûr, je ne vais pas vous baratiner, si vous avez horreur des chevaux ou pas la moindre espèce d’intérêt pour eux, ce roman n’est pas pour vous. Mais il n’y a pas besoin d’être cavalier pour
aimer ce livre : il suffit d’avoir une fois déjà rêvé devant un pré où jouaient des chevaux.
Et puis, il n’y a pas que des chevaux dans Cavalcades et dérobades. C’est aussi, et c’est un aspect du livre que j’apprécie particulièrement, une galerie de portraits de femmes fortes. Laura a quarante-deux ans, et dans sa vie souffle un grand vent de tempête quand Jean-Luc, son mari, la quitte pour une femme plus jeune et qu’elle continue à assumer, seule, un quotidien toujours plus complexe. Carmen – je crois que c’est mon personnage préféré – a une cinquantaine d’années. Elle a grandi en Espagne, entre les jambes des andalous, dans une famille d’hommes de cheval. Elle élève seule son troisième enfant, est femme de ménage et remplit chaque jour deux journées de travail, l’une à l’école, l’autre chez le marchand de chevaux Dumas, pour pouvoir nourrir ses deux chevaux. Verna a été richissime, sublime et choyée dans une autre vie, et elle a choisi d’abandonner ce quotidien fastueux pour échapper à l’emprise d’un mari dominateur, et reconstruire sa vie – des montagnes de dette et la galère au quotidien sont le prix de sa liberté. Sylvie Brunel met en scène de façon incroyablement juste ces destins de femmes, libres, indépendantes, mais terriblement seules et souvent dépassées par les raz de marée quotidiens.
Le roman est construit de manière polyphonique, donc je rassure les lecteurs masculins, qui se disent « c’est quoi ce bouquin de gonzesses », trois hommes prennent aussi la parole, et les chapitres de deux d’entre eux sont d’une drôlerie et d’une cruauté jouissives. (Je sais de qui je tiens…) Jean-Luc est le mari de Laura, il n’en peut plus d’avoir une femme qui sent le cheval et le crottin 24h sur 24, de retrouver des brins de paille dans son lit, de dormir dans une chambre tapissée d’images de chevaux, comme s’il vivait avec une gamine de onze ans qui passe plus de temps à bichonner ses gros herbivores poilus qu’à le câliner lui. En plus, il est banquier, il rêve d’une femme avec un brushing lisse et des talons aiguilles pour faire bonne figure dans les dîners d’affaire, et Laura ne correspond pas exactement à ce modèle. Dumas est maquignon, c'est-à-dire marchand de chevaux et entubeur professionnel. C’est son métier de faire passer une vieille carne boiteuse pour un fringant destrier, et c’est particulièrement facile depuis que les « bonnes femmes » ont envahi le milieu équestre : elles seraient prêtes à acheter n’importe quelle bourrique, du moment qu’elle a une jolie robe d’indien et une longue crinière prête à tresser.
Sylvie Brunel sait raconter une histoire, et c’est quelque chose que je dois encore apprendre d’elle. Ce qui m’a
bluffée à la lecture de Cavalcades et dérobades, c’est sa capacité à poser ses pions, les avancer lentement, puis soudain emporter le lecteur dans un jeu effréné de rebondissements à
plusieurs voix. Hier soir, j’ai ouvert le livre au hasard – je précise que je le connais déjà par cœur, j’ai lu le premier jet, les différentes versions retravaillées, les premières épreuves, ma
mère et moi fonctionnons en symbiose – et je n’ai pas pu m’empêcher de le relire une 5e fois, parce que l’intrigue est prenante et intelligemment menée. Il se passe plein de choses
dans ce roman, liaisons et déliaisons, rivalités, vengeances, coups du sort, bref, tout ce qu’il faut pour passer une bonne soirée (en ce qui me concerne, de préférence entortillée dans une
couette, un thé à la myrtille à la main).
Bon, je crois que la conclusion de cet article s'impose d'elle même : je vous le conseille ! ;)
Pour celles qui tiennent des sites et blogs littéraires : si vous voulez contacter l’attachée de presse de Sylvie Brunel, c’est par ici.
J'espère que tout va bien pour vous.
Bonne semaine à tous,
Ariane
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