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  • : Ariane Fornia
  • aiglures
  • : Femme
  • : 06/09/1989
  • : Europe à la folie
  • : littérature Livres
  • : Je suis un jeune écrivain, auteur de - Dieu est une femme, Denoël, 2004 ; - La Déliaison, avec Sylvie Brunel, Denoël, 2004 ; et - Dernière morsure, Robert Laffont, août 2007. Ce blog est un lieu ouvert. Vous êtes les bienvenus.

Les livres

Dimanche 30 mars 2008

Bonjour à tous,

Le 2 avril sort chez Lattès Cavalcades et dérobades, le dernier roman de Sylvie Brunel – écrivain, professeur et ma mère.


La quatrième de couverture :
« Rien n’est plus merveilleux qu’un cheval » affirme Laura, directrice d’école d’un petit village de la Drôme, si passionnée par les crinières qu’elle en néglige son mari, Jean-Luc. Carmen, elle, engloutit son maigre salaire de femme de ménage dans l’entretien de ses chevaux et délaisse son fils Pablo qu’elle élève seule avec un courage infini. Quant à Dan, le dresseur, celui qui possède le don inouï de rendre dociles les montures les plus rétives, celui que tout le monde admire et jalouse, il cache derrière son apparent succès une blessure personnelle. Comme dans les tragédies antiques, le cheval peut être maléfique… Laura en fera la douloureuse expérience lorsqu’elle verra Jean-Luc déserter le domicile conjugal. 
Un roman à plusieurs voix, profondément humain, où s'entremêlent les destins d'hommes et de femmes apparemment forts, souvent solitaires, mais solidaires. Un vibrant hommage au cheval-ami qui rend heureux ceux qui l'aiment.

 D’habitude, dans cette rubrique, je présente mes livres à moi, je suis donc obligée d’être modeste et ne pas vous dire tout le bien que j’en pense. ;) Mais là, c’est la fête, je vais pouvoir me lâcher.

Cavalcades et dérobades est un hymne au cheval, à sa beauté, à sa puissance et au bonheur inouï qu’il procure. Cavalcades et dérobades, c’est l’histoire de femmes et d’hommes dont la vie et les rêves sont peuplés de chevaux. Ce ne sont pas des cavaliers professionnels : ils ne fréquentent pas les compétitions, ils ne font pas courir, sauter leurs chevaux, ils ne les présentent pas à des concours Modèles et allures. Ce n’est pas une histoire de ce genre. Non, ces personnages sont des amoureux du cheval. Des cavaliers du dimanche, mais qui aiment passionnément leurs montures, qui seraient bien incapables de s’en sortir sur un parcours d’obstacles, mais dont le quotidien tourne autour des chevaux. L’équitation n’est pas pour eux un simple hobby. Leurs chevaux sont plutôt leurs démons familiers : c’est sous leur regard qu’ils se lèvent, vivent, tentent de changer leur vie, s’aiment, c’est autour d’eux que se nouent et se dénouent les amitiés.
Bien sûr, je ne vais pas vous baratiner, si vous avez horreur des chevaux ou pas la moindre espèce d’intérêt pour eux, ce roman n’est pas pour vous. Mais il n’y a pas besoin d’être cavalier pour aimer ce livre : il suffit d’avoir une fois déjà rêvé devant un pré où jouaient des chevaux.

 Et puis, il n’y a pas que des chevaux dans Cavalcades et dérobades. C’est aussi, et c’est un aspect du livre que j’apprécie particulièrement, une galerie de portraits de femmes fortes. Laura a quarante-deux ans, et dans sa vie souffle un grand vent de tempête quand Jean-Luc, son mari, la quitte pour une femme plus jeune et qu’elle continue à assumer, seule, un quotidien toujours plus complexe. Carmen – je crois que c’est mon personnage préféré – a une cinquantaine d’années. Elle a grandi en Espagne, entre les jambes des andalous, dans une famille d’hommes de cheval. Elle élève seule son troisième enfant, est femme de ménage et remplit chaque jour deux journées de travail, l’une à l’école, l’autre chez le marchand de chevaux Dumas, pour pouvoir nourrir ses deux chevaux. Verna a été richissime, sublime et choyée dans une autre vie, et elle a choisi d’abandonner ce quotidien fastueux pour échapper à l’emprise d’un mari dominateur, et reconstruire sa vie – des montagnes de dette et la galère au quotidien sont le prix de sa liberté. Sylvie Brunel met en scène de façon incroyablement juste ces destins de femmes, libres, indépendantes, mais terriblement seules et souvent dépassées par les raz de marée quotidiens.

Le roman est construit de manière polyphonique, donc je rassure les lecteurs masculins, qui se disent « c’est quoi ce bouquin de gonzesses », trois hommes prennent aussi la parole, et les chapitres de deux d’entre eux sont d’une drôlerie et d’une cruauté jouissives. (Je sais de qui je tiens…) Jean-Luc est le mari de Laura, il n’en peut plus d’avoir une femme qui sent le cheval et le crottin 24h sur 24, de retrouver des brins de paille dans son lit, de dormir dans une chambre tapissée d’images de chevaux, comme s’il vivait avec une gamine de onze ans qui passe plus de temps à bichonner ses gros herbivores poilus qu’à le câliner lui. En plus, il est banquier, il rêve d’une femme avec un brushing lisse et des talons aiguilles pour faire bonne figure dans les dîners d’affaire, et Laura ne correspond pas exactement à ce modèle. Dumas est maquignon, c'est-à-dire marchand de chevaux et entubeur professionnel. C’est son métier de faire passer une vieille carne boiteuse pour un fringant destrier, et c’est particulièrement facile depuis que les « bonnes femmes » ont envahi le milieu équestre : elles seraient prêtes à acheter n’importe quelle bourrique, du moment qu’elle a une jolie robe d’indien et une longue crinière prête à tresser.

Sylvie Brunel sait raconter une histoire, et c’est quelque chose que je dois encore apprendre d’elle. Ce qui m’a bluffée à la lecture de Cavalcades et dérobades, c’est sa capacité à poser ses pions, les avancer lentement, puis soudain emporter le lecteur dans un jeu effréné de rebondissements à plusieurs voix. Hier soir, j’ai ouvert le livre au hasard – je précise que je le connais déjà par cœur, j’ai lu le premier jet, les différentes versions retravaillées, les premières épreuves, ma mère et moi fonctionnons en symbiose – et je n’ai pas pu m’empêcher de le relire une 5e fois, parce que l’intrigue est prenante et intelligemment menée. Il se passe plein de choses dans ce roman, liaisons et déliaisons, rivalités, vengeances, coups du sort, bref, tout ce qu’il faut pour passer une bonne soirée (en ce qui me concerne, de préférence entortillée dans une couette, un thé à la myrtille à la main).
Bon, je crois que la conclusion de cet article s'impose d'elle même : je vous le conseille ! ;)

 Pour celles qui tiennent des sites et blogs littéraires : si vous voulez contacter l’attachée de presse de Sylvie Brunel, c’est par ici.

 J'espère que tout va bien pour vous.
B
onne semaine à tous,
Ariane

Par Ariane Fornia
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Jeudi 2 août 2007
Dernière morsure paraît le 23 août aux éditions Robert Laffont.

derni--re-morsure.jpg

En suivant ce lien, vous pouvez écouter une présentation audio (enfin, si vous pouvez l'écouter, c'est clair que ça va pas être une présentation gustative, ni un échantillon olfactif) :

http://www.laffont.fr/livre.asp?code=978-2-221-10968-7

Ce qu'en dit Laffont :

Sous forme d’abécédaire – de A comme Adolescent à Z comme Zigzag en passant par C comme Communisme, H comme Hormones ou O comme Onanisme –, Ariane Fornia nous initie d’abord à sa tribu, à ses mœurs et à ses contradictions. Dans une deuxième partie, plus personnelle et sensible, on découvre à ses côtés les études, les rites de passage, les histoires d’amour, les interrogations existentielles, le rapport aux livres, les adultes.
Verve, humour mordant à chaque page, intelligence féroce, sens de la formule, parti pris de l’autodérision : on pense à la plume déliée d’une Amélie Nothomb lycéenne.

(Je me transforme en pivoine chaque fois que je lis ça. Je n'ai pas écrit ce texte, je vous le jure.)


Ce que j'en dis :
Voici un texte de présentation de Dernière morsure, écrit pour les libraires. Ne m'accusez pas de vider mes fonds de tiroir, SVP, même si c'est vrai.


« Tu te rends compte ? Ils reçoivent déjà ma biographie, le résumé du bouquin, des extraits, et maintenant il faut que j’écrive un texte personnel ? Et mon livre, il n’est pas personnel peut-être ? J’ai plus rien à dire !»

Ma mère compatit, comme toujours : supporter mes multiples crises d’adolescence, c’est son job. Je n’ai pas encore soufflé mes dix-huit bougies, je suis déjà publiée par Robert Laffont, et je trouve encore le moyen de râler. Etre pénible, c’est le plus grand plaisir de l’adolescence. Autant en profiter, puisqu’elle touche bientôt à sa fin.

En septembre 2005, je suis entrée en Terminale. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la perspective du bac ne nous traumatisait pas. Carpe diem, c’est ce que taguent 99% des ados sur leur sac, à côté d’un A anarchique et d’un dessin presque enfantin de fée ou d’étoile. Mais entre deux fêtes et virées nocturnes, j’ai soudain réalisé que je n’avais plus qu’un an à passer au jardin d’Eden. Le monde merveilleux de l’adolescence allait me fermer ses portes, je serai forcée de devenir adulte. Adolescent, on est maître du monde. Après dix-huit ans, on ne fait que régresser.

Alors il fallait écrire Dernière morsure. Il fallait consigner les derniers délices juvéniles, ces instants de liberté absolue où des milliers d’horizons semblent s’offrir à nous. Le lycée devient mon laboratoire. En cours, je collecte des échantillons, je griffonne des croquis et des « mots-clés ». Et chaque soir, après un goûter pantagruélique, trois minutes de travail scolaire et trois quarts d’heure au téléphone, je joue à l’écrivain. J’emprisonne les idéaux et les styles vestimentaires, le vague à l’âme, les piercings, le jargon des cours de récré, les premières fois, les passions, les détestations, les soirées chips-coca et les rêveries juvéniles. J’écris à l’usage des adultes un mode d’emploi de l’adolescence, un grand catalogue de la faune lycéenne.

Je me prends au jeu. Et tout à ma chasse aux moments d’insouciance, je réalise à peine que j’ai eu mon bac, quitté la maison, cessé d’infliger à mes cheveux des colorations ridicules, rayé l’expression  « trop fun ! » de mon vocabulaire, bref, que je suis sur la mauvaise pente.

Mai 2007, je me réveille soudain. Le livre est achevé, vous allez bientôt l’avoir entre les mains. Au fil des pages, je suis sortie de l’âge béni. Je vais fêter mes dix-huit ans. Je peux toujours me plaindre à ma mère des exigences éditoriales et porter des bijoux cloutés, inutile de feindre, je ne suis plus une ado rebelle. La preuve : je l’ai finalement écrit, ce fameux texte personnel.

Mon adolescence m’a quittée pour se loger sous la couverture de Dernière morsure. C’est un testament, ou un inventaire avant travaux – j’espère qu’il facilitera mon deuil !

Par Ariane Fornia
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Jeudi 2 août 2007
La Déliaison, avec Sylvie Brunel - ma mère -, 2005, Denoël

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Ce qu'en dit Denoël :


Claire a toujours regardé Viviane, sa fille adolescente, comme sa meilleure amie. Le lien étroit qui unit la mère et la fille s'est encore resserré après le divorce et le départ du père. L'ironie acide de Viviane, son regard sans indulgence sur le monde des adultes, ne semblent pas à Claire une menace pour leur bonheur. Mais, comme dans la tragédie antique, l'aveuglement frappe toujours les plus clairvoyants.
La Déliaison est le roman d'un divorce insidieux entre mère et fille. Un lent désamour, au départ insensible, qui s'installe dans la vie de tous les jours. Écrite par une mère et sa fille dont les deux voix se répondent, se cherchent et parfois se heurtent, c'est l'histoire du malentendu inscrit au plus profond des êtres. C'est aussi le tableau criant de vérité, souvent d'une grande drôlerie, du monde des adolescents d'aujourd'hui, déchirés entre besoin d'amour et désir de fuite, tyrannie de la consommation et espoir de liberté.
Après Dieu est une femme, Ariane Fornia signe avec sa mère, Sylvie Brunel, le roman de l'impossible dialogue entre les générations.


Ce que j'en dis aujourd'hui :

Ce livre est écrit à quatre mains. Les chapitres alternent la voix de la fille, Viviane - c'est moi qui tiens le stylo-, et celle de la mère, Claire - c'est ma mère, Sylvie Brunel, qui écrit. La Déliaison est une pure fiction, mais elle est nourrie par toutes les angoisses et les questions d'une ado de quinze ans face à sa mère : vais-je lui ressembler ? quel héritage j'accepte, et qu'est ce que je rejette ? qu'est-ce que je lui dois ? comment lui dire que je l'aime ? comment exister face à elle, si forte, si accomplie, moi qui suis encore acnéique, indécise et maladroite ?
La Déliaison est aussi une histoire d'amour, celle de Viviane et Wolfram, jeune rockeur à la crinière de loup, incarnation de tous les fantasmes et de toutes les terreurs de Viviane, celui par qui la confiance entre mère et fille se délite...
Je sais que c'est un peu niais, comme aveu, mais je crois que j'aime bien ce livre.
Par Ariane Fornia
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Jeudi 2 août 2007

Dieu est une femme, Denoël, 2004. dieufemme.jpg

Ce qu'en dit Denoël :

Comment s'en sortir lorsqu'on a quatorze ans, dans un monde où l'adolescent-roi semble plus incompris que jamais ? Avec une surprenante maturité, Ariane Fornia raconte son univers quotidien. Douée d'un irrésistible sens de l'humour (noir), elle dresse un impitoyable inventaire : le collège de province où sévit la compétition du look, l'apprentissage de la guerre des sexes, l'horreur des cours de maths, la frénésie de consommation, la carrière politique d'un père député... Portée par une intelligence précoce, cette chronique évoque les grandes et petites aliénations du cobaye adolescent d'aujourd'ui, des fast-foods aux jeux vidéo en passant par les stars du petit écran et... la quête d'un sens à la vie.
Un livre décapant pour tous les parents désespérés d'abriter à domicile ce monstre de cynisme qu'est l'adolescent. Et pour tous les adolescents désespérés de découvrir la férocité du monde.

Ce que j'en dis aujourd'hui :
Pour les amateurs de crise d'adolescence, c'est par là. Je vitriolise le boulot de mon Papa, je charcute les coiffeurs, j'assassine les maths, je charge contre l'Eglise, je suis méchante avec Elton John - alors qu'en fait je l'adore -, Marseille, mes camarades, Avril Lavigne - ils l'ont bien mérité - les chorales et les galas de danse - là par contre, j'ai abusé. Bref, si vous aussi vous êtes un monstre cruel qui ne sort que dans l'obscurité la plus dense pour gorger ses longues canines de sang frais, ça pourrait vous plaire.

Par Ariane Fornia
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